Boulimie vomitive : conséquences dangereuses et solutions


Comment arrêter la boulimie vomitive

Les troubles psychologiques alimentaires graves sont un vrai problème, les hommes peuvent en être victimes bien sûr, mais on peut surtout les observer chez les filles et les femmes. La boulimie vomitive en est un, et pas des moindres. En fait, selon une étude américaine, 95% des patients souffrant d’anorexie et environ 85% des patients atteints de boulimie vomitive sont des femmes. Dans cet article, vous saurez comment en découvrir les signes avant-coureurs et comment s’en sortir.



Qu’est-ce que la boulimie vomitive ?

La boulimie vomitive est un trouble de l’alimentation grave dont le principe est de manger de grandes quantités d’aliments en un court laps de temps puis de se débarrasser des calories consommés en vomissant. La boulimie est une maladie qui touche des millions de personnes, en particulier les femmes, et est plus fréquente que l’anorexie mentale.

Ce besoin de « se purger » régulièrement, quel que soit l’endroit et le moment est incontrôlable chez les personnes souffrants de cette maladie mentale. Après une crise de boulimie, l’élimination des calories devient obsessionnelle, car, dans l’inconscient des malades, absorber de la nourriture équivaut à une prise de poids inéluctable.

Les symptômes et facteurs de risque de la boulimie vomitive

Les signes de cette maladie sont :

  • des cycles interminables de consommation en grandes quantités de nourriture suivi de comportements de compensation afin d’éviter un gain de poids (la purge par vomissement)
  • un sentiment intense de stress chronique entraînant la frénésie alimentaire (boulimie)
  • une faible estime de soi ainsi que de l’image renvoyé à autrui

Il faut savoir que la plupart des gens souffrant de boulimie vomitive n’émettent pas forcément de signes physiques visibles d’un problème et sont généralement dans la moyenne en termes de poids corporel, contrairement à un autre trouble comportemental alimentaire qu’est l’anorexie, dont les souffrants sont d’apparence très maigre.

Manger avec excès : une des causes de la boulimie vomitive

L’excès de nourriture est une des causes de cette maladie psychologique

Les causes de la boulimie vomitive sont nombreuses et différentes, et cette maladie mentale peut être déclenchée par une combinaison de plusieurs facteurs environnementaux et génétiques. Certains de ces facteurs de risque les plus connus sont :

  • être une femme (adulte ou jeune)
  • être adolescente ou jeune souffrant de soucis comme les boutons sur le visage (acné) et autres troubles juvéniles (environ 1 à 2% de la population souffre de boulimie)
  • la pratique d’un sport, d’une activité professionnelle ou d’un passe-temps faisant l’éloge de la minceur (comme la danse, la gymnastique, le patinage artistique, mais aussi le mannequinat)
  • avoir un proche luttant contre la boulimie
  • avoir déjà une histoire compliquée avec les régimes (prise et perte de poids répétées)
  • être dépressive, anxieuse ou souffrir de troubles mentaux
L'isolement social est un des effets secondaires de la boulimie vomotive

La solitude guette les personnes souffrant de boulimie vomitive

Si vous avez le sentiment que vous ou quelqu’un de votre entourage souffre de boulimie vomitive, les experts recommandent de vous poser les questions ci-dessous. Plus le nombre de réponses positives sera élevé, plus vous serez susceptible de souffrir de troubles alimentaires :

  • Etes-vous obsédé par votre image corporelle (taille et poids) ?
  • Lorsque vous mangez, vous sentez-vous coupable, honteux ou déprimé après ?
  • Pensez-vous souvent à la nourriture, aux calories, et aux régimes amaigrissants au point qu’ils interfèrent avec votre vie sociale et professionnelle ?
  • Avez-vous peur de prendre du poids, ressentez-vous de la crainte lorsque vous commencez à manger, comme si vous pensez que vous ne serez pas en mesure d’arrêter ?
  • Avez-vous déjà mangé avec excès, jusqu’à en être malade ?
  • Prenez-vous régulièrement des laxatifs ou vous faites-vous vomir pour contrôler votre poids?
  • Pratiquez-vous du sport ou des exercices physiques par excès, parfois même lorsque vous êtes blessé ou très fatigué, et craignez-vous les potentielles conséquences si vous manquez des séances d’entraînement ?

Comment se développe la boulimie vomitive ?

Contrairement à la croyance populaire, les personnes souffrant de boulimie vomitive ne vomissent pas nécessairement. La boulimie est généralement classés en deux groupes : ceux qui se purgent de façon « traditionnelle » (vomissement, prise de laxatifs ou de diurétiques, lavements), et ceux qui compensent la prise de calories par d’autres moyens comme de l’exercice physique pratiqué à outrance jusqu’à épuisement parfois, ou de grandes périodes de jeûne intermittent.

C’est pour ces raisons complexes et insidieuses que cette maladie psychologique est difficile à détecter et peut progresser lentement chez l’individu sans attirer l’attention.

En effet, qui n’a pas montré d’attrait temporaire pour le jeûne ou la pratique d’un sport intense ? Qui n’a pas eu envie plusieurs fois de se délecter d’un gros repas ?

De plus, beaucoup de personnes qui en souffrent ne tombent pas facilement dans telle ou telle catégorie, et pourraient développer plusieurs comportements à la fois, ce qui rend cette maladie difficilement détectable.

En fait, la boulimie vomitive se développe souvent chez les personnes :

  • ayant une mauvaise image et une faible estime de soi. Ce sentiment est généralement déclenché par l’idéal occidental des normes de minceur et de beauté irréalistes des magazines ou de la télévision
  • souffrant ou ayant souffert de problèmes familiaux et d’abus, d’un sentiment d’inutilité, d’un manque de valeur et d’attrait. Malheureusement, certaines personnes atteintes de boulimie peuvent avoir été victimes de violence durant leur enfance, d’abus sexuels, de négligence ainsi que d’autres problèmes les rendant anxieux, vulnérables
  • dotées de traits de personnalité favorisant le perfectionnisme. Un milieu familial critique, trop rigide, fort des éloges d’accomplissement et de réussite par exemple durant la scolarité et les études supérieures
  • souffrant de stress causé par des changements majeurs de vie. Les périodes de transition peuvent augmenter les niveaux de stress et déclencher de l’anxiété, comme lors de la puberté, les études supérieures, les ruptures sentimentales comme le divorce ainsi que les nouvelles carrières professionnelles
  • pratiquant des activités sportives ou professionnelles exposées au regard d’un public
La boulimie vomitive peut être la conséquence d'une fausse estime de soi

Une mauvaise image de soi peut être l’élément déclencheur

Les effets secondaires de la boulimie vomitive

Vous vous demandez comment la boulimie peut nuire à l’organisme ? Sachez que l’un des effets secondaires les plus dangereux et les plus communs de cette maladie psychologique est l’ensemble des dommages causés au système digestif, car la production des enzymes digestives, l’équilibre hydrique et les niveaux d’électrolyte s’en trouvent perturbés.

les vomissements répétés et la prise de laxatifs peut conduire à l’ électrolyte et à des déséquilibres chimiques, dont les conséquences peuvent être un rythme cardiaque anormal et des symptômes de dépression . Dans le même temps, des quantités élevées de stress associées à des carences en nutriments peuvent modifier les niveaux d’hormones et le fonctionnement des neurotransmetteurs du corps humain.

La boulimie vomitive peut donc provoquer :

  • un déséquilibre en potassium et en sodium
  • des tremblements nerveux
  • la migraine, les vertiges et des maux de tête répétés
  • des gonflements et maux de ventre ainsi que des malaises
  • un rythme cardiaque irrégulier et la probabilité plus élevée d’insuffisances et de crises cardiaques, pouvant conduire au décès
  • une déshydratation, qui peut affecter négativement la digestion, les capacités mentales, les mouvements musculaires et le fonctionnement du cœur
  • une incapacité à digérer les aliments correctement et une absorption réduite des éléments nutritifs
  • des problèmes de constipation et de diarrhée, causée par la prise de laxatifs et la modification des taux d’enzymes et d’électrolytes
  • un risque plus élevé de développer des ulcères gastriques et ainsi que des ruptures
  • des fluctuations de poids ayant un impact négatif sur la thyroïde et la santé hormonale
  • des périodes d’infertilité irrégulières
  • un jaunissement et une détérioration des dents et des gencives dus aux remontées des sucs gastriques dans la bouche et le palais
  • des problèmes de vaisseaux sanguins au niveau des yeux
  • des gonflements, maux de gorge et des douleurs au niveau de l’oesophage dus aux vomissements
  • une réduction de la réponse immunitaire ainsi que des infections ou des maladies courantes
  • un risque plus élevé de dépression pouvant conduire au suicide
  • des niveaux d’inflammation plus élevés, pouvant augmenter le risque de diverses maladies chroniques
  • des soucis d’alimentation du foetus si grossesse il y a (si on est une femme enceinte)
  • des soucis de qualité d’allaitement lorsqu’il s’agit d’une femme ayant un nouveau-né

Comment guérir de la boulimie vomitive ?

Les troubles alimentaires de toutes sortes peuvent être des problèmes compliqués à résoudre car ils exigent d’être pris à la racine, et il n’existe pas de remède type connu pour la boulimie vomitive qui fonctionnent sur toutes les personnes. Cela étant dit, les professionnels de la santé et les experts en nutrition ont tout de même identifiés quelques solutions qui peuvent en venir à bout.

Demander de l’aide professionnelle

Obtenir de l’aide d’un thérapeute, médecin et diététicien est une excellente solution. Les schémas de pensée compulsifs qui causent la boulimie vomitive sont un cycle infernal, car ils deviennent habituels pour quelqu’un qui en souffre. Cependant, avec l’ aide d’un expert en nutrition, ce cycle alimentaire nocif peut être rompu afin de favoriser le retour à une alimentation normale et saine.

Pour faciliter ce processus, parfois les antidépresseurs sont utilisés. Et dans des situations graves voire extrêmes, une hospitalisation pourrait être nécessaire afin que le patient soit surveillé et soigné.

Dans la plupart des cas, solliciter un voire des professionnels de la santé peut aider à prendre les mesures nécessaires afin d’éradiquer les sentiments sous-jacents de dysmorphie corporelle, l’anxiété, la culpabilité et la honte de son corps. Une des méthodes les plus efficaces de traitement pour combattre la boulimie et les autres troubles alimentaires est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC).

Grâce à la TCC, les psychologues arrivent à faire prendre conscience aux patients que leurs propres croyances en eux-mêmes est erronée, leur permettant de ré-évaluer leur estime de soi. En abordant les problèmes émotionnels à leur source, il est possible au patient de gérer le stress plus facilement, et de changer son rapport avec la nourriture.

Se concentrer davantage sur le bonheur

Rechercher et trouver le bonheur sur d’autres centres d’intérêt que la nourriture et la perte de poids est une des clés de la réussite.

Les repas doivent être un moment convivial, de partage avec ses proches, de rires, et non un moment solitaire pendant lequel on ne pense qu’à se remplir la panse sans réfléchir à autre chose que le moment où l’on va se faire vomir.

S’éloigner des régimes que l’on nous martèle dans les médias, et trouver un vrai centre d’intérêt comme le rapport avec l’autre, les moments de joie simple permettront aux souffrant(e)s de s’en sortir et trouver le chemin vers la guérison sans rechute.

Le témoignage d’une jeune femme en vidéo

Je voudrais terminer cette article sur une vidéo d’une femme ayant combattu cette maladie, elle est très instructive :

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